Sous les rues de Paris se conserve une part de la mémoire de la ville. Les Catacombes réunissent trois histoires : l’extraction de la pierre, la crise des cimetières et la création d’un ossuaire municipal. Les connaître change le regard que l’on porte sur les galeries et les murs d’ossements.

L’histoire sous vos pieds.
Des carrières qui ont nourri Paris à l’ossuaire qui conserve la mémoire de ses habitants.
Les dates essentielles ↓Préparer la visite →Quatre dates pour se repérer
Protéger le sous-sol
Création de l’Inspection générale des carrières, chargée de surveiller et consolider les espaces abandonnés.
Fermer un cimetière
Les difficultés sanitaires conduisent à la fermeture des Saints-Innocents.
Créer l’ossuaire municipal
Les carrières de la Tombe-Issoire sont consacrées le 7 avril.
Accueillir le public
Les visites sur rendez-vous éveillent la curiosité pour le Paris souterrain.

1. La pierre avant les ossements
Ces galeries ne sont pas des grottes naturelles. Elles sont le résultat d’un travail d’extraction : sous la ville, des carriers ont creusé pour obtenir la pierre calcaire. Les piliers et les surfaces taillées rappellent cette activité antérieure à l’ossuaire.
À mesure que Paris s’étend, les vides laissés par les anciennes exploitations deviennent un enjeu de sécurité. La surveillance et la consolidation du sous-sol précèdent donc l’histoire funéraire du lieu.

2. La crise des cimetières

Aux Saints-Innocents, près des Halles, des siècles d’inhumations ont accumulé les restes en plein centre urbain. Cette situation pousse les autorités à rechercher une autre solution. D’anciennes carrières, alors hors de Paris, sont retenues.
Il ne s’agit pas de créer des sépultures individuelles sous terre, mais de déplacer les restes de cimetières antérieurs vers un dépôt collectif. L’évolution de la ville et les préoccupations de salubrité sont au cœur de cette décision.
3. Les transferts vers les anciennes carrières
Charles-Axel Guillaumot et l’Inspection générale des carrières participent à l’organisation du site. Les ossements sont transportés à la tombée de la nuit, descendus par des puits de service puis répartis dans les galeries.
Après les Saints-Innocents, d’autres cimetières parisiens alimentent l’ossuaire. Les opérations se poursuivent jusqu’en 1814, puis reprennent lors des transformations urbaines du XIXe siècle ; les derniers dépôts de la chronologie officielle datent de 1860.
Les reconstitutions illustrées permettent d’imaginer les tombereaux et le travail des carriers : elles ne sont pas des photographies prises pendant ces événements.

4. Héricart de Thury : construire un lieu de mémoire

Louis-Étienne Héricart de Thury. Wikimedia Commons, domaine public.
La disposition actuelle de l’ossuaire relève d’un aménagement volontaire. Sous Héricart de Thury, le dépôt devient un parcours composé de façades d’ossements, de monuments et d’inscriptions, invitant à réfléchir à la mort et à la mémoire collective.
Les murs d’ossements
Os longs et crânes dessinent les façades visibles. Derrière ces parements se trouvent les autres restes.
Les inscriptions
Plaques de provenance, textes religieux et poétiques donnent une dimension documentaire et méditative au parcours.
L’architecture funéraire
Piliers, autels et monuments rythment les galeries. Observez comment pierre et ossements composent le lieu.

Regards historiques sur les Catacombes
Faites défiler horizontalement les quatre images pour découvrir différentes représentations du lieu et de ses visiteurs.




L’anecdote de Philibert Aspairt
Parmi les récits associés au sous-sol figure celui de Philibert Aspairt, portier du Val-de-Grâce. La vidéo de cette page est conservée pour découvrir cette anecdote.
Selon le récit transmis, il se serait perdu dans les carrières en 1793 et ses restes auraient été retrouvés onze ans plus tard. La recherche de bouteilles de chartreuse appartient à la tradition de l’histoire : elle ne doit pas être présentée comme un motif établi. Sa tombe ne fait pas partie du parcours touristique habituel.
Histoire, images et légendes
Un lieu aussi singulier nourrit des récits de visiteurs perdus et de passages secrets. Distinguez les documents, les reconstitutions et les histoires transmises : une image peut illustrer un épisode sans en être un témoignage direct.
Aujourd’hui : préserver et respecter
Les restes humains ne sont pas un décor. Leur conservation dans un milieu humide et le respect du visiteur vont ensemble. Ne touchez pas les ossements et ne prélevez rien : cette histoire se découvre en observant.
L’audioguide officiel est disponible en français. Pour une visite avec guide en personne, vérifiez la langue et les prestations avant de réserver : une page française ne garantit pas un guide francophone.
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Comparer les visites →Questions fréquentes sur l’histoire
Quand les Catacombes de Paris ont-elles été créées ?
L’ossuaire municipal est consacré le 7 avril 1786. Les carrières dans lesquelles il est installé sont plus anciennes.
Pourquoi a-t-on déplacé les ossements ?
Pour répondre aux difficultés des cimetières du centre de Paris et réunir leurs restes dans un ossuaire municipal.
Depuis quand le public peut-il les visiter ?
Les visites publiques commencent en 1809, initialement sur rendez-vous.
Qui a organisé les murs d’ossements ?
La mise en scène de l’ossuaire est menée sous Héricart de Thury : façades d’ossements, monuments et inscriptions composent le parcours.
Toute la carrière souterraine appartient-elle au musée ?
Non. L’ossuaire n’occupe qu’une partie des anciennes carrières. Le billet ne donne pas accès au reste du réseau.
Peut-on écouter cette histoire en français ?
Oui, grâce à l’audioguide officiel. Pour un guide en personne, vérifiez séparément la langue de la visite réservée.